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Multimedia - Documents sonore et video N°1
ESPACE MULTIMEDIA
Magazine multimedia numéro 1


LE DOCUMENT SONORE.

Radioscopie, émission radiophonique de Jacques CHANCEL du 10 Juin 1976.

Jacques-chancel.jpgPour ce magazine inaugural, nous vous proposons d’écouter des extraits de l’émission “Radioscopie”, de Jacques Chancel, datant du 10 juin 1976, que l’un de nos confrères avait enregistré à la radio, il y a donc bien longtemps. Il s’agit de l’interview du Docteur René Kovacs, décédé il y a peu, et qui nous parle de l’auriculothérapie, du Docteur NOGIER et du GLEM.
Il s’agit d’une véritable rareté sonore.

René KOVACS y explique, selon le concept de l’époque, en quoi consiste cette méthode inventée par le docteur Paul NOGIER, la différence entre acupuncture et auriculothérapie. Né en Algérie, célèbre pour avoir tiré sur le Général SALAN à Alger le 15 janvier 1957, il s’exprime également (dans la version intégrale seulement) sur ce qu'il pense de la guerre d'Algérie, pourquoi il a choisi de vivre en Espagne, raconte comment il a présenté des émissions musicales à Radio Alger, a voyagé pour parfaire ses connaissances médicales. Il nous rappelle l'historique de l'auriculothérapie et revient sur les débuts du docteur NOGIER et du GLEM, sur l'évolution de cette technique médicale, comment elle peut aider à arrêter de fumer, ses méthodes, ses limites, les cours qu'il donne en faculté, pourquoi on perce les oreilles des petites filles (!!), et nous parle de son fils.
Seules 25 minutes de cette émission sur les 56 minutes de la version intégrale sont proposées à l’écoute ici, la totalité étant disponible pour les seuls membres du GLEM.

Pour écouter cette émission, c’est ci-dessous (appuyer sur le bouton lecture, sans oublier de connecter votre haut-parleur ):

Durée : 25' 22"

 

________________________________________________

 

LE DOCUMENT VIDEOGRAPHIQUE.

Conférence inaugurale du Vème Symposium International d'auriculothérapie de 2006.

Ce mois-ci, nous vous proposons l’intégralité de la conférence inaugurale du Rabischong.jpgProfesseur Pierre Rabischong, de Montpellier (France), prononcée en introduction au Vème Symposium International d’Auriculothérapie et d’Auriculomédine, à Lyon (France), en 2006.


La qualité video est faible mais elle permet de suivre efficacement cette conférence de 47 minutes, intitulée “Approche compréhensive du rôle de la peau”.
Une version téléchargeable en qualité DVD est disponible pour les membres du GLEM.
Pour voir cette conférence, c’est ci-dessous (appuyer sur le bouton lecture).




Durée : 46' 53"



En voici le résumé écrit, tel qu’il a été publié dans les actes du symposium.

APPROCHE COMPREHENSIVE DU ROLE DE LA PEAU

Professeur Pierre Rabischong
Montpellier

La peau est l’interface obligatoire de toute investigation sur le corps. Elle est fixée à un certain nombre de points squelettiques par des brides fibreuses résistantes. Elle est collée au crâne par une assise conjonctive continue solidaire du périoste crânien, la galea. Elle est superficiellement formée d’une couche de cellules jointives formant l’épiderme qui se régénère en permanence par la prolifération cellulaire de la couche germinative. Le derme sous jacent contient des vaisseaux nombreux affleurant la couche épidermique et assurant sa trophicité. Une de ses caractéristiques principales est la richesse des terminaisons nerveuses sous forme en premier lieu de fibres nues présentes dans l’épiderme, car elles seules peuvent se maintenir dans une couche cellulaire en croissance permanente en assurant une sensibilité  « à fleur de peau ».  En second lieu, se trouvent sur différents niveaux toute une série de récepteurs de forme et de fonctionnalité variées. De cette façon, la peau est véritablement un vêtement capteur, capable de transmettre au système nerveux central des informations de pression, d’étirement, de chaleur, de froid et de douleur. Les stimuli peuvent venir de l’extérieur (sensibilité extéroceptive) ou de l’intérieur (sensibilité proprioceptive).

    Dans certaines régions, la peau a une certaine mobilité en rapport avec l’existence d’un tissu de glissement sous cutané, mais dans d’autres la peau est solidement fixée au sous sol comme au niveau de la plante du pied ou de la paume de la main.

    Les viscères placés à l’intérieur du tronc ont des récepteurs sensitifs, mais en dehors des alarmes préprogrammées ils parlent peu dans le domaine conscient du cerveau. En effet il faut comprendre que l’homme est une machine très intelligemment complexe qui est la plupart du temps pilotée par un ignorant. En fait, il n’y a pas besoin de savoir que nous avons un estomac, un foie et un intestin pour fonctionner parfaitement. Il en va de même des muscles au nombre de 600, dont nous n’avons pas besoin de connaître les insertions pour exécuter des tâches motrices complexes. Connaître l’anatomie, la physiologie et la biologie ne permet pas de fonctionner mieux que d’être totalement ignorant. En conséquence, l’homme ignorant existe dans son monde tridimensionnel avec deux sens qu’il perçoit naturellement : la peau et les yeux. Il paraît donc logique de donner au « vêtement capteur peau » une fonction supplémentaire : celle de signaler des perturbations d’organes qui parlent peu consciemment, les viscères, en utilisant sur certaines zones de la peau le signal d’alarme prévu à cet effet, la douleur.

    De plus, la peau est une large surface de convection en contact avec l’environnement extérieur et de ce fait elle participe grandement à la régulation de la température interne, par une action vasculaire et glandulaire cutanée.

    Compte tenu de ces remarques préliminaires, on peut analyser le rôle de la peau selon trois aspects principaux :

1.  LE ROLE DE LA PEAU DANS LA MOBILITE :

   La mobilité est une des quatre fonctions corporelles gérées par le cerveau. Elle permet d’exécuter des postures des différents segments corporels ou des mouvements, grâce à l’existence des moteurs musculaires. Ceux-ci sont de nature visco-élastique et non réversibles/non linéaires dans leur fonctionnement. Ils produisent des forces par leur raccourcissement dû à la modification volumétrique de la partie sombre des fibres striées faite d’une protéine contractile, l’actinomyosine. Cependant leur potentiel de raccourcissement ne peut excéder le tiers de la longueur du muscle, ce qui peut expliquer l’organisation mécanique particulière des différents plans musculaires des membres, du tronc ou du cou.

     Le contrôle moteur peut être compris à partir des modèles développés par les roboticiens. En effet pour commander et contrôler dans un espace tridimensionnel des manipulateurs robotiques, il faut deux informations pertinentes qui permettent d’écrire les équations et les algorithmes de commande de ces systèmes polyarticulés : d’une part l’état des moteurs, mesurés à partir de la consommation d’énergie électrique ou de la pression hydraulique et d’autre part les angles de chacun des segments du manipulateur mesurés à l’aide de potentiomètres linéaires ou angulaires. Il n’y a aucune raison pour que ce problème technique ne soit pas le même pour les segments corporels humains.

     La première information pertinente, l’état des moteurs, s’agissant des actionneurs musculaires visco-élastiques , doit être analysée en terme de raideur mécanique, permettant de définir les trois états possibles du muscle : relâché, contracté, étiré. Il existe deux types de capteurs pour cette analyse : le fuseau neuro-musculaire et l’organe de Golgi.

      Le premier est un capteur d’étirement à gain variable, formé d’une âme contractile sous forme de fibres musculaires striées sur lesquelles se placent des terminaisons nerveuses soit en grappe soit en fibres annulo-spiralées disposées autour des fibres musculaires dans leur zone équatoriale. Ces fibres intrafusales sont innervées par des motoneurones particuliers : les motoneurones gamma. Plus les fibres intrafusales sont contractés et plus la réaction sera intense, expliquant les hypertonies d’origine gamma. Le signal d’étirement est transmis directement par une connexion monosynaptique rapide aux motoneurones alpha de la corne antérieure de la moelle. Ceci permet de comprendre le réflexe myotatique, décrit initialement par Sherrington, qui peut avoir deux modalités : l’une non proportionnelle qui crée une décharge musculaire après étirement d’un muscle comme c’est le cas dans l’usage du marteau à réflexe, l’autre proportionnelle, en relation avec l’ajustement périphérique de la force musculaire dans un programme moteur particulier grâce à un recrutement approprié d’unités motrices. On peut donc parler de servomécanisme fusorial, à propos de ce bouclage. Mais ce servomécanisme est sous contrôle central, ce qui permet tout en conservant l’ajustement périphérique de la force musculaire d’exécuter des mouvements en contractant l’agoniste et décontractant l’antagoniste ou en cocontractant les deux pour une immobilisation active d’un segment. La perte du contrôle central comme c’est le cas dans la paraplégie « libère » le servomécanisme fusorial en créant la spasticité et donc la contraction de tout muscle étiré ce qui rend les articulations visqueuses.

      Le second , l’organe de Golgi, est un capteur de force placé à la jonction musculotendineuse et qui mesure la force développée par le muscle à un instant donné. Il est formé par des microtendons reliés au tendon mère et entouré d’une capsule à l’intérieur de laquelle s’épanouissent des fibres nerveuses. Il est à l’origine d’un réflexe myotatique inverse, ne donnant pas lieu à un recrutement d’unités motrices mais au contraire à leur inhibition. Il a été diversement interprété mais on peut le considérer comme un système d’autoprotection contre les efforts supraliminaires.

       Au total, il apparaît clair que les trois états des muscles sont identifiés par ces capteurs en termes de raideur mécanique ce qui permet de les piloter pour un programme déterminé.

       La deuxième information pertinente pour le contrôle moteur est la mesure des angles des différents segments corporels. Il n’y a pas de potentiomètre dans l’arsenal technique du vivant, même si certains ont défini des décharges proportionnelles aux angles dans certains ligaments en éventail. Le point important est que les muscles ne peuvent pas donner de valeur angulaire, malgré la description par les physiologistes d’un diagramme tension/longueur. En effet d’une part les muscles sont viscoélastiques et redondants pour un mouvement déterminé et d’autre part il n’existe pas dans le cerveau une bibliothèque des insertions musculaires et des distances des points d’insertion tendineux des différents muscles par rapport aux axes articulaires ce qui permettrait de faire un calcul géométrique d’angle. De plus les muscles ne sont pas des vecteurs, ce qui est une formulation typiquement humaine non perceptible par le cerveau et ils ont un volume variable en fonction de leur état. D’ailleurs le pilote ignorant dont nous avons déjà parlé ne connaît ses muscles que lorsqu’ils sont douloureux grâce à la décharge des métaborécepteurs fait de fibres C sensibles aux conditions biochimiques de leur fonctionnement.

     On pourrait alors penser que les ligaments très riches en mécanorécepteurs pourraient transmettre des informations d’angle. Mais si on prend l’exemple du poignet, qui contient une énorme quantité de ligaments placés dans des directions différentes, on comprend qu’une information d’angle de flexion dorsale ne peut pas de façon fiable venir de l’intégration des étirements relatifs de tous les ligaments concernés. On doit donc considérer les ligaments comme des indicateurs de fin de course, ce qui est amplement démontré par les entorses qui sont l’expression pathologique d’un étirement excessif.

         La solution extrêmement intelligente est d’utiliser pour la goniométrie le vêtement capteur, qui recouvre tous les segments corporels et qui leur est attaché. La peau est le goniomètre corporel, grâce aux capteurs de Ruffini qui sont sensibles à l’étirement et qui ont une structure comparable aux organes de Golgi. Un segment insensible ne peut plus être contrôlé sans l’aide de la vision. Il est de plus intéressant de noter qu’au niveau du cortex cérébral, existe d’une part le « clavier moteur » de l’aire 4 dans le gyrus précentral du lobe frontal, où sont groupés de manière disproportionnelle tous les muscles du corps, la tête en bas et les membres inférieurs en haut dans une petite zone de la scissure inter hémisphérique, sur l’homonculus décrit par Penfield après électrostimulation corticale de plus de mille patients éveillés. D’autre part le « clavier sensitif » des aires 1,2,3,5 se trouve juste en arrière sur le gyrus post central du lobe pariétal avec la même représentation disproportionnelle. De ce fait, nous avons décrit une boucle stato-kinésthésique reliant ces deux claviers en expliquant pourquoi nous savons à tout instant consciemment où nous sommes et où nous allons. Bien entendu le clavier moteur ne peut pas être activé consciemment de façon directe par le pilote ignorant. Les aires dites prémotrices contiennent des colonnes neuronales responsables d’une activation consciente de fonctions intégrées telles que la direction du regard que nous pouvons consciemment et volontairement poser sur un objet de notre choix ou le démarrage de la marche ou la prise d’un objet déterminé. Une boucle longue cortico-cerebello-corticale permet le choix approprié des activateurs, l’ajustement agoniste-antagoniste et la correction des erreurs en temps réel  est dû  au complexe important de l’olive inférieure dans la moelle allongée. Une tumeur du lobe pariétal crée une asomatognosie, c'est-à-dire que le patient non paralysé peut se mouvoir normalement mais il est incapable de localiser ses membres en l’absence de vision. De même, l’héminégligence  décrite chez les hémiplégiques ressort du même phénomène.

        Ce rôle de la peau, qui n’est pas à priori évident, mérite d’être souligné très fortement auprès de tous ceux qui exercent leur art en en faisant leur principale approche.

 

2.  LE ROLE DE LA PEAU COMME MIROIR VISCERAL :

     Nous avons vu précédemment que les viscères s’expriment peu consciemment en dehors des alarmes préprogammées de leur dysfonctionnement. Certaines zones cutanées sont bien connues pour être en rapport avec des viscères, telle que la fosse iliaque pour l’appendice, l’épaule droite pour la vésicule biliaire, le flanc gauche pour le colon sigmoïde … Henri Jarricot a bien défini à l’aide de sa technique du palper rouler les zones d’hyperalgie plus ou moins métamériques en rapport avec les viscères et les modifications de la peau qu’il a décrites démontrent clairement les relations étroites qui lient la peau et les viscères. Sa technique entre des mains expertes a servi également de manœuvre thérapeutique, qui mériterait une plus large diffusion.

        On peut alors s’interroger sur la place de l’acupuncture dans ce rôle particulier de la peau. Les points d’acupuncture ont été décrits par les chinois depuis fort longtemps sans que nous sachions exactement comment et pourquoi. Nous avons très souvent discuté de cet aspect dans les réunions du GLEM de jadis avec en particulier Jacques Niboyet, Henri Jarricot, Paul Nogier, René Bourdiol et René Casez. Leurs ouvrages respectifs sont des classiques du genre mais les relations des organes avec les points et les méridiens laissaient beaucoup la place à des interprétations scientifiquement douteuses. Jaques Niboyet ayant dans sa thèse de science montré que les points décrits par les chinois avaient une impédance électrique moindre que le revêtement cutané avoisinant, nous avons repris ces travaux dans notre Unité 103 de l’Inserm, dont on pourra lire le détail dans le mémoire de DERBH de Claudie Terral. Les aspects principaux en sont :

- la nature particulière du comportement électrique des points d’acupuncture qui ont une résistance électrique moindre et des possibles modifications de microcourants injectés avec des effets diode, thyristor ou        supraconducteurs.

-  la persistance de ces propriétés électriques après nettoyage de la peau avec un solvant et la persistance de ces phénomènes électriques de moindre résistance chez le cadavre ont orienté les recherches vers une structure spécifique de la peau et non un effet de surface comme l’avaient écrit certains.

- une étude histologique sérieuse après marquage à l’encre de chine des points identifiés électriquement a permis, avec l’aide de René Sénelar, de Odile Auziech et de Claudie Terral, de décrire un complexe neuro-vasculaire sous le point avec des fibres nerveuses myéliniques et amyéliniques placées en torsade autour de capillaires artériel, veineux et lymphatique. Cette découverte fondamentale est scientifiquement indiscutable et devrait éliminer toutes les interprétations fantaisistes sur les points d’acupuncture.

- un modèle physiologique mis au point par Claudie Terral dans notre Unité de Recherche a permis de valider l’analgésie cutanée unilatérale après vingt minutes de stimulation électrique de deux points d’acupuncture détectés électriquement chez le lapin. Celui-ci a été choisi en raison de son mode de locomotion symétrique permettant d’enregistrer des réactions symétriques de  retrait après stimulation algique de la peau. Cette analgésie cutanée reproductible a conduit à effectuer l’injection du plasma d’un lapin analgésié à un lapin naïf ce qui a permis d’objectiver un transfert plasmatique de l’analgésie dans le même territoire. Ceci a fait penser à l’action de neurotransmetteurs métamériques responsables du contrôle de la douleur dans un territoire déterminé. Il pourrait s’agir d’enképhalines associées ou non à la substance P.

           Dans le même temps, Paul Nogier, en subtil expérimentateur clinique, décrivait des points d’oreille correspondant à des organes corporels avec une somatotopie sur le pavillon auriculaire qu’il s’est efforcé de préciser. L’image du fœtus inversé est devenue classique et les chinois qui n’avaient pas pensé au pavillon de l’oreille ont au travers d’une publication en Allemagne de Paul Nogier « redécouvert » l’acupuncture auriculaire. Des travaux histologiques ont été effectués sur les points d’oreille en retrouvant les complexes neurovasculaires et les finesses de la microvascularisation du pavillon. Par la suite, Paul Nogier et ses élèves ont tenté de relier et de détecter l’activité électrique des points auriculaires avec un réflexe vasculaire, que Paul Nogier avait décelé très tôt en l’appelant « réflexe auriculo cardiaque (RAC) ». Le signal d’alarme n’était donc plus la douleur exquise au point comme dans l’acupuncture traditionnelle, mais une activité induite au niveau du pouls pris sur l’artère radiale du type réflexe végétatif forcément polysynaptique et d’origine sympathique, les vaisseaux n’ayant que ce type d’innervation. La palpation avec le pouce du vaisseau radial que faisaient déjà les chinois à titre diagnostique n’est pas sans poser la question d’une rigoureuse objectivité reproductible, mais ce problème fera l’objet de discussion au cours du congrès de Lyon. On peut seulement regretter que toute la problématique de ce que Paul Nogier a  nommé d’un terme critiquable « auriculomédecine » soit basée sur ce seul réflexe vasculaire. De plus l’utilisation de la lumière avec toutes les variations décrites et l’usage de toute sorte de filtres fréquentiels manquent encore d’une démonstration expérimentale convaincante et reproductible ainsi que d’une corrélation acceptable avec ce que nous savons de l’histophysiologie fine de la peau.

3. LE ROLE DE LA PEAU DANS L’HOMEOSTASIE :

         L’homéostasie peut se définir comme l’état d’équilibre des différentes fonctions de maintenance corporelle. Cela présuppose des régulations précises en boucle fermée des paramètres de fonctionnement des principales fonctions ainsi que des mécanismes de réaction appropriés dans le cas très fréquent de modifications des conditions de l’environnement ou même d’agressions caractérisées justifiant les défenses immunitaires.  On pourrait dire qu’il s’agit d’un ensemble complexe caractérisant le fonctionnement d’un individu donné à un instant déterminé avec une tendance préprogrammée au maintien d’un certain nombre de données physiologiques de base.

        L’acupuncture sous toutes ses formes peut intervenir dans ce maintien ou dans son rétablissement compte tenu de ce vaste réseau de points neurovaculaires ayant pour certains d’entre eux une correspondance somatique ou viscérale précise. Est il concevable que le pavillon de l’oreille dans ce vaste concert homéostasique puisse avoir une place à part ? Son innervation qui emprunte aux territoires de plusieurs nerfs spécifiques tels que le trijumeau (V) avec son noyau le plus long de tous les nerfs crâniens dans le tronc cérébral, le facial (VII) nerf du deuxième arc viscéral, le glossopharyngien(IX), le pneumogastrique (X) vecteur du parasympathique qu’on retrouve jusqu’au plus bas des viscères, le plexus cervical, pourrait laisser supposer que le pavillon est un indicateur de « pannes » comme on en trouve dans les armoires de contrôle des machines modernes complexes. Tout peut se dire, mais mieux vaut s’obstiner à démontrer scientifiquement que simplement de supputer.

       Nous avons émis l’hypothèse en analysant un des aspects importants de l’homéostasie qui est le maintien d’une température corporelle stable par les mécanismes de la thermorégulation (thermogenèse et thermolyse) que les points neurovasculaires y joueraient un rôle important. En effet, leur structure d’interface entre le système vasculaire et le système nerveux peut leur conférer une action sur les microvascularisations non seulement de la peau dans laquelle ils se trouvent mais aussi dans les viscères qui se manifestent activement au niveau de zones particulières de la peau. Car la régulation thermique dans un système, qui présente de larges surfaces exposées à l’extérieur et des viscères très richement vascularisés placés à l’intérieur, ne peut pas se faire de façon fiable avec, comme on le dit, un seul thermostat placé dans un noyau de l’hypothalamus sensible à la température du sang qui y circule. Un vaste immeuble ne peut pas être régulé de façon valable avec un seul thermostat placé dans le bureau du directeur. Les points neurovasculaires seraient donc autant de micro thermostats agissant sur les microvascularisations d’organes et partant sur leur fonctionnement. Ainsi pourraient s’expliquer une partie de l’action de l’acupuncture sur des troubles fonctionnels réversibles.

      Dans le rôle de la peau dans l’homéostasie, on doit enfin insister sur l’action importante des points neurovasculaires sur les phénomènes de régénération tissulaire et en particulier sur la cicatrisation. Cette prodigieuse fonction implique une cascade d’événements désormais assez  bien connus pour lesquels l’acupuncture a démontré cliniquement son action bénéfique tels que dans la fermeture d’escarres trophiques chez les paralysés médullaires.

   En conclusion, on ne saurait trop insister sur le rôle très riche de la peau qui n’est pas qu’une simple enveloppe limitant le domaine corporel, mais qui a en elle des éléments actifs, responsables de multiples actions dont nous apprenons à mieux connaître les mécanismes intimes. Il faut souhaiter que, dans une optique résolument scientifique hors de toute hypothèse fantaisiste, de nouveaux travaux de recherche viennent enrichir nos connaissances et affiner nos thérapeutiques pour le plus grand bien des patients.


Date de création : 05/12/2012 @ 01:26
Dernière modification : 25/08/2013 @ 22:30
Catégorie : Multimedia
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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par chantal le 28/02/2016 @ 09:18

tres bon travail!

Réaction n°1 

par belkhiati le 22/07/2014 @ 15:20

Voilà je suis de plus en plus séduit par l'approche singulière de l'auriculothérapie que je viens de découvrir dans la formation en auriculothérapie avec le docteur Nogier et le role important de la peau,cet organe à part entière ;etant médecin rééducateur,mésothérapeute et ostéopathe,ayant étudié Maigne et Cyriax dans les manipulations vertébrales,je retrouve une complémentarité extraordinaire dans le soulagement de la douleur. 
 
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